Vous entrez au port, un petit vent de travers vous pousse loin du ponton et votre équipier saute à quai, l’amarre à la main. C’est le pire moment pour entendre : « Euh… il se fait comment, ce nœud ? » Pas besoin d’en connaître quarante. Trois suffisent pour presque tout ce que vous rencontrerez en plaisance : le nœud de taquet, le nœud de cabestan et le nœud de chaise. Et bonne nouvelle : ils s’apprennent très bien dans le canapé. Cet hiver, donc.
Le nœud de taquet : amarrer votre bateau sur un taquet
Le taquet, c’est cette pièce en métal ou en plastique avec deux « cornes » qu’on trouve sur le pont et sur les pontons. Le nœud de taquet est la façon correcte d’y tourner une amarre.
Voici comment faire : https://www.animatedknots.com/cleat-hitch-halyard-knot
L’avantage, c’est qu’il tient aussi longtemps qu’il le faut et qu’il se défait en quelques secondes, même sous tension. L’erreur classique, c’est d’empiler trois ou quatre demi-clés « pour être sûr ». Résultat : un paquet de cordage impossible à larguer au moment de partir. Une seule suffit.
Le nœud de cabestan : s’attacher vite à un pieu ou à une filière
Le nœud de cabestan, ce sont deux tours autour d’un pieu, d’une filière ou d’un poteau d’amarrage. Le second tour croise le premier et le bout libre passe sous ce second tour. C’est tout. Avec un peu de pratique, il se fait d’une seule main.
On l’utilise par exemple pour accrocher les pare-battages à la filière, ou pour s’amarrer provisoirement à un pieu en attendant une écluse ou un pont. Il se règle aussi très facilement : pour monter ou descendre un pare-battage, il suffit de faire glisser le cordage.
Petit bémol : un nœud de cabestan peut se défaire quand la traction change sans arrêt de direction, comme sur un bateau qui bouge dans le clapot. S’il doit tenir longtemps, ajoutez une demi-clé autour du dormant. Pour amarrer le bateau lui-même, préférez le nœud de taquet ou le nœud de chaise.
Voici comment faire: https://www.animatedknots.com/clove-hitch-knot-rope-end
Le nœud de chaise : le roi des nœuds
Le nœud de chaise forme une boucle fixe qui ne glisse pas et ne se resserre pas. Il est parfait pour passer une amarre sur une bitte ou pour s’attacher à un anneau. Et même après avoir été fortement sollicité, il se défait encore sans problème, ce qu’on ne peut pas dire de beaucoup d’autres nœuds.
Le célèbre moyen mnémotechnique marche vraiment :
1. Formez une petite boucle sur le dormant : c’est le terrier.
2. Le bout libre, c’est le lapin. Il sort du terrier, fait le tour de l’arbre (le dormant) et rentre dans son terrier.
3. Serrez.
Attention au sens de la petite boucle de l’étape 1 : si elle est à l’envers, le nœud se défait dès qu’on tire dessus. Entraînez-vous aussi quelques fois avec la boucle autour de votre propre taille. En cas d’homme à la mer, vous pourrez lancer un bout avec une boucle qui ne serre pas.
Seul défaut : on ne défait pas un nœud de chaise tant qu’il est sous tension. Si vous devez pouvoir filer une amarre sous charge, tournez-la plutôt sur un taquet.
Voici comment faire: https://www.animatedknots.com/bowline-knot
S’entraîner à la maison cet hiver
Prenez un bout de cordage de deux mètres environ, idéalement une vraie amarre de 10 à 12 mm : avec une ficelle, on n’apprend rien. Un pied de chaise ou une poignée de porte fera office de taquet, la rampe de l’escalier de pieu. Faites chaque nœud dix fois d’affilée, puis dix fois les yeux fermés. Exagéré ? Sur le ponton, avec du vent et un bateau qui s’éloigne, vous serez content que vos mains le fassent toutes seules.
À l’examen pratique, vous devez accoster et appareiller sans hésiter. Ce n’est pas le moment de se battre avec une amarre. Qui maîtrise ces trois nœuds dès cet hiver pourra se concentrer au printemps sur la navigation elle-même.
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